Joséphine

vendredi 29 janvier 2021

Église de Saint-Renan, le 23 novembre 2023

Mardi midi, maman nous a quittés à quatre jours de ses 95 ans.

Ces dernières années, depuis qu’elle était en EHPAD, en 2018, et même les mois précédents, elle avait l’esprit de plus en plus confus, c’est ainsi que décrivent les médecins l’état dans lequel se trouvent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (mon frère ne me contredira pas).

Un jour que je m’entretenais avec la directrice du Grand Melgorn, celle-ci me dit qu’elle venait d’assister aux obsèques d’une de ses résidentes et qu’elle avait découvert que cette personne, si discrète, si affaiblie, presque transparente, avait eu une vie riche, pleine de bonnes choses, une vie active tournée vers les autres.

J’ai pensé à toi, maman, qui voulait agir pour nous, mais qui se trouvait chaque jour plus empêchée, prisonnière de ta maladie qui construisait un mur entre toi et nous. Pas un mur totalement compact, car on voyait encore ton sourire transparaître.

Tu passas ta jeunesse à Pen-A-Lan avec tes trois autres sœurs plus âgées : Mimie, Madeleine et Jeanne-Yvonne. Sans doute, te plaisais-tu à l’école puisque tu devins institutrice à Landunvez, puis à Plouzané. Des années plus tard, tu étais heureuse de rencontrer d’anciennes élèves guère plus jeunes que toi.

Le 31 décembre 1952, tu épousas Auguste, un gars de Kernézoc à Landunvez, qui venait d’entrer dans la gendarmerie. Neuf mois plus tard naissait ton premier enfant. Vous habitiez à Noyon dans l’Oise au sein d’une caserne de gendarmes mobiles.

En janvier 1956, Auguste fut muté à Asni, au Maroc, près de Marrakech, où naquit Philippe, ton deuxième enfant. La vie n’était pas si facile, il te fallait vivre presque cloitrée. Puis ce fut Agadir vers 1958 où la vie était plus agréable. Vous étiez des trentenaires heureux.

Premier grand drame de ta vie, le 29 février 1960, quand eut lieu le tremblement de terre qui fit plus de 15 000 morts. Tu rentras en France début mars et accouchas de jumeaux le 26 mars, Anne et Jean-Luc. Celui-ci décéda le jour même.

Auguste fut muté en Vendée, aux Herbiers où tu faisais des remplacements d’institutrices dans les écoles privées. Puis à Talmont-Saint-Hilaire, où tu trouvas un emploi à la Poste. Tu aimais le contact avec le public et te fis beaucoup d’amis.

En 1975, ce fut le drame quand Anne, ta fille, se noya à l’âge de quinze ans. On te proposa des médicaments, tu refusas, tu avais la force de t’en sortir, cette force qui venait de ta foi, disais-tu parfois.

En 1981, papa prit sa retraite, tu avais 53 ans. Il te poussa à entrer dans des associations et c’est à l’Office de tourisme de Saint-Renan que tu te retrouvas. Tu devins secrétaire, puis présidente, initiant la création du premier site Internet de l’Office. Sans oublier les expositions d’art de l’été où tu t’engageais avec toute ton énergie. Tes petits-enfants que tu aimais garder pendant les vacances se souviennent qu’il ne fallait pas te déranger quand tu faisais les comptes de l’expo ! Tu étais une bénévole active !

Parallèlement, tu donnais des cours de catéchisme. Ta passion pour la bureautique fit que, pendant des années, tu tapais les feuillets de l’église pour les messes du dimanche ou les obsèques, d’abord sur une machine à écrire classique, puis une machine avec une ligne de mémoire, enfin avec un ordinateur. Et tu râlais quand toi, tu avais Internet, mais pas le presbytère, ce qui t’obligeait à amener à qui de droit tes fichiers par clé USB et non par mail ! Tu étais au service de la paroisse, ne refusant jamais de faire une lecture aux offices.

En 2009, nouveau choc quand ta belle-fille Maryse nous quitta après une longue maladie. Papa et toi l’aimiez beaucoup, elle vous aimait tout autant. Ce fut une déchirure.

Et en janvier 2015, papa nous quitta et tu ne t’en remettras pas. Vous étiez si fusionnels !

Qui étais-tu maman ? Amoureuse de papa avec qui tu as fêté 60 ans de mariage. Aimant la vie, la joie d’être ensemble, le bonheur de partager. Dévouée, n’hésitant pas à rendre service aux proches comme aux autres, avec une grande ouverture d’esprit.

Ne m’as-tu pas dit : « Quelle que soit sa religion, qu’on soit croyant ou non, si on fait le bien, on mérite le ciel ! »

Nous, tes enfants, tes petits-enfants savons que tu étais pleine d’amour que tu distribuais sans compter jusqu’à ces derniers jours, à travers simplement un faible sourire.

Tu resteras toujours dans nos cœurs !

TREK’IN gazelles

10 novembre 2023, 7h30, départ de la 1ère étape (sur 4) du trek pour une distance de 15 à 22 km. Voir le site du TREK. Voir le site PASNET des Mamm’Zelles.

Juste avant le départ, Stéphanie prend des notes avec l’œil soucieux des veilles de bac !

Résultat de cette première journée :
Au classement de la première étape qui tient compte de plusieurs paramètres, elles sont arrivées 32ème sur 150 (15 abandons), mais 19ème/100 des « première participation » ! Vive les 22 !